MÉMOIRE D'EAUX

Démarche archéologique : l’eau comme témoin d’une époque et d’un lieu.

L’eau informe et sans limite, toujours de passage, traverse les époques, se charge de leurs histoires, capte des instants, caresse des vies en s’imprégnant de leur essence mais sans en garder de signes matériels. Elle circule dans l’espace et le temps.

Impalpable, elle exclut le sens du toucher.

L’eau contient dans ses molécules le souvenir de son passé. Les vibrations qu’elle dégage témoignent de son vécu. Mais par sa nature mouvante, elle efface peu à peu les traces des histoires dont elle a été témoin, ne laissant que le souvenir de son passage.

Le verre, mi-liquide, mi-solide, tient une place particulière parmi les matières. Assujetti au feu, il acquiert des propriétés tactiles à son contact.

L’eau et le verre, un élément et une matière très proches par leur aspect visuel dont la qualité première et originelle est la transparence.

Façonnable, le verre peut matérialiser l’eau en lui donnant une forme, un aspect, un toucher.

Raconter l’eau avec le feu, montrer le temps de la mémoire incluse dans ses empreintes, ses espaces plein de craquements, de fêlures, de cicatrices, de lignes et de strates, souvenirs et témoins de rencontres. L’eau intérieure et extérieure à la fois.

Dans le verre-eau j’imprime la vie. Je réinvente sa fluidité.